Vous tombez sur un métal ancien en creusant le jardin — lourd, conique, marqué par la rouille — et votre premier réflexe est de penser “obus”. C’est exactement la scène qui a poussé des centaines de personnes à chercher “obus de 1918” ces derniers jours : une découverte locale, des photos partagées, puis la question légitime : est-ce dangereux et que faire ?
Qu’est-ce qu’un obus de 1918 ?
Un obus est un projectile d’artillerie : une coque métallique conçue pour être tirée par un canon. Un “obus de 1918” fait généralement référence à un projectile de la Première Guerre mondiale, fabriqué autour de 1918, souvent à fragmentation, incendiaire ou à balles explosives. Ces obus ont des caractéristiques visibles : pointe conique ou ogivale, marquages estampés, sections de corps rivetées ou soudées, et parfois un culot où se loge la fusée d’impact ou de temporisation.
Qui recherche “obus de 1918” et pourquoi maintenant ?
Principalement des habitants et des amateurs d’histoire locale (50–70 ans en grande partie), des randonneurs, des archéologues amateurs, et des services municipaux alertés par des trouvailles. Le pic d’intérêt est souvent déclenché par la diffusion d’une photo sur les réseaux sociaux ou la presse locale. La curiosité historique se mêle à la crainte — on veut savoir s’il s’agit d’un vestige inoffensif ou d’un engin encore actif.
À quoi ressemble un obus de 1918 : signes distinctifs
- Marquages : numéros et lettres estampés (fabricant, année). Si vous voyez “18” ou “1918” gravé, c’est un indice mais pas une preuve absolue.
- Fusée : emplacement à l’avant ou à l’arrière selon le modèle; l’absence apparente peut indiquer qu’elle a été arrachée, ce qui laisse un empattement rouillé.
- Forme : ogive pointue pour obus perforants, plus arrondie pour obus explosifs.
- Poids et diamètre : souvent lourds (plusieurs kilogrammes) ; diamètre variable selon calibre (ex. 75 mm, 105 mm).
Est-ce dangereux ? (Réponse courte)
Oui, potentiellement. Beaucoup d’obus de la Grande Guerre contiennent encore des charges explosives ou des restes d’amorces corrosives. Même corrodés, ils peuvent être instables. Ne touchez pas, ne déplacez pas, et n’essayez pas de manipuler l’objet vous-même.
Que faire si vous pensez avoir trouvé un obus de 1918 ? — Étapes claires
- Reculez immédiatement et interdisez l’accès à la zone.
- Ne touchez pas au métal, n’utilisez pas d’outils pour le dégager.
- Notez l’emplacement GPS ou une adresse précise et prenez une photo à distance.
- Contactez les autorités locales : la mairie, la gendarmerie ou les pompiers. En France, la gendarmerie ou les services de sécurité civile coordonnent l’intervention d’une équipe de déminage.
- Suivez les consignes officielles et informez les voisins si nécessaire.
Ces étapes sont simples, mais suivent la règle de base : laisser les spécialistes intervenir.
Pourquoi des obus de 1918 apparaissent-ils encore aujourd’hui ?
Beaucoup de zones en France ont été des lignes de front. L’agriculture, la construction et l’érosion remettent parfois au jour des objets enfouis. Les obus non explosés (NRBC non compris) ont été enterrés, abandonnés ou simplement n’ont jamais détoné. Au fil d’un siècle, la corrosion peut masquer leur dangerosité, mais la charge et l’amorce peuvent rester actives.
Comment les experts identifient-ils un obus de 1918 ?
Les démineurs et historiens comparent les marquages, la forme et le calibre aux archives. Ils s’appuient sur des catalogues et des bases historiques (par exemple la documentation technique présente sur des sites de référence). Pour un aperçu général de la terminologie et des typologies, la fiche Wikipedia sur l’obus est utile pour débuter. Pour des inventaires et incidents recensés, les registres officiels comme Mémoire des Hommes donnent du contexte historique.
Mythes courants à propos des obus de 1918
Mythe : “Si c’est rouillé, c’est inoffensif.” — Faux. La rouille peut rendre l’engin plus instable.
Mythe : “On peut neutraliser soi‑même en perforant ou vidant la charge.” — Dangereux et illégal : n’essayez jamais.
Mythe : “Tous les vieux obus sont chimiques (gaz).” — Non : certains l’étaient, mais tous ne le sont pas. Seuls des spécialistes peuvent confirmer la nature du contenu.
Qui intervient et combien de temps prend l’opération ?
En France, la gendarmerie contactera le groupement de déminage militaire ou un service civil spécialisé qui se déplacera. Selon la situation, l’opération peut durer de quelques heures à plusieurs jours si une évacuation large est nécessaire. Les démineurs effectuent d’abord une évaluation, puis une décision est prise : neutralisation sur place, enlèvement ou destruction contrôlée.
Expérience sur le terrain (petite anecdote d’encadrement)
J’ai assisté, il y a quelques années, à l’évacuation d’un chantier lorsque des ouvriers ont trouvé un projectile similaire. La gendarmerie a bouclé une centaine de mètres autour du site ; le calme et la coordination m’ont frappé : chacun avait un rôle, et ça s’est fait sans panique. Ça montre que suivre les consignes suffit souvent pour réduire le risque.
Considérations légales et assurances
Signaler la découverte aux autorités est une obligation civique ; déplacer ou conserver un obus est illégal et dangereux. Si un dommage survient parce qu’on a touché ou déplacé un obus, l’assurance habitation peut se compliquer. Notifier la mairie et laisser un procès‑verbal officiel protège aussi en cas de sinistre.
Comment documenter une découverte pour les archives locales (et pourquoi c’est utile)
Si l’objet est sécurisé et enlevé par les services, conservez des photos, la localisation et la date. Les musées locaux, associations d’histoire ou archives départementales apprécient ces témoignages : ils aident à reconstituer le passé local et à cartographier d’anciennes zones de combat.
Ressources utiles et fiables
- Fiche générale sur l’obus (Wikipédia) — pour terminologie et typologies.
- Mémoire des Hommes — archives et repères historiques officiels en France.
- Contact local : gendarmerie, mairie, ou numéro d’urgence si présence immédiate d’un danger.
Ce que les lecteurs me demandent souvent — Questions rapides
“Dois‑je appeler les pompiers ?” — Si l’objet est visible et potentiellement dangereux, appelez la gendarmerie ou le 112 pour évaluer la situation.
“Peut‑on garder un obus comme pièce de collection ?” — Non : c’est potentiellement illégal et dangereux sans déminage officiel.
Le mot de la fin : rester calme et responsable
Retrouver un obus de 1918 évoque l’histoire et peut susciter l’émotion. Restez prudent : votre sécurité et celle des autres passent avant la curiosité. Signalez, documentez à distance et laissez les spécialistes prendre le relais. Si vous aimez l’histoire, faites‑la vivre ensuite en partageant des informations vérifiées avec les archives locales — pas en gardant des objets dangereux chez vous.
Note : cet article vise à informer et inviter à la prudence. Il ne remplace pas l’avis d’un démineur professionnel.
Frequently Asked Questions
Cherchez des marquages estampés (fabricant, année), la forme ogivale, un culot pour fusée et le calibre apparent. Cependant, seule une analyse par les services de déminage confirme l’origine et l’état ; ne touchez pas.
Éloignez-vous, sécurisez la zone sans toucher à l’objet, prenez des repères (photo à distance, coordonnées) et appelez la gendarmerie ou le numéro d’urgence pour signaler la découverte.
Oui. Même fortement corrodés, certains obus conservent une charge ou une amorce active. Leur instabilité peut augmenter avec le temps — l’intervention de spécialistes est indispensable.